Mercredi 7 janvier 2009
POEME DE JEUNESSE DE
BLAISE CENDRARS
"Dans l'absidion encensé de mon âme
S'élève, sempiternel, sur la mosaïque d'or,
L'austère portrait de Celle qui illumine mon âme,
Chapelle ardente, où brûle l'agonie de ses yeux :
Son regard agrandi qui, endeuillé, s'égare...
On dirait à la voir rigide dans sa robe,
Au feu de mon amour vivre les pierreries
Qui constellent de pleurs sa robe tuyautée,
Tout en elle vibre :
Mais rien que son visage et ses deux yeux sont morts...
- Ô Face ravagée par tes yeux de deuil
Qui comme deux soleils rongés de crépuscule,
Se sont éteints - je contemple, Face amaigrie !
- Comme saint Luc qui fit le portrait de Marie,
Laisse-moi humblement, ô Dame, je t'en prie,
Te contempler face à face."
