| Novembre 2009 | ||||||||||
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Me voici dans le train pour rendre visite à ma mère. Un peu plus de six heures de train devant moi et je m’interroge.
Je me trouve dans cette période, ce genre de période étrange où l’on devient plus respectif qu’à l’ordinaire de ce que l’on ressent, de ce qui nous entoure. Un peu comme ces journées où l’on ne pense pas vraiment à quelque chose de précis et que le soleil de dehors nous fait plaisir au point que l’on sourit. On se dit alors que ce sera une belle journée à tous points de vue. On se sent content, voir même parfois heureux. Oui. A ce qu’il paraît les gens arrivent encore à éprouver ce sentiment.
Je n’aime pas du tout ce genre de passage des ressentis exacerbés par je ne sais quel phénomène. Ne nous trompons pas. Je ne suis pas quelqu’un qui ne supporte pas d’être heureuse ou de voir les autres l’être. Non loin de là. En fait c’est surtout parce que chez moi, ces moments là précédent toujours une période où il vaut mieux que je n’ai de contacte avec personne. Un « post-content » j’appelle ça comme ça. Mauvaise humeur, susceptible, limite désagréable voire même carrément exécrable… un « coup de mou » au moral qui ressemblerait à une déprime. La déprime des beaux jours. Comprendre par beaux jours, les moments de joie, d’autosatisfaction.
En plus de ça, je ressens des besoins que généralement j’éprouve beaucoup moins. Peut-être parce que je les écoute pas.
25 ans, célibataire ( Sainte Catherine mère de nous !) Et je me sens bien. Je suis très bien seule avec mes habitudes de future vieille fille. Un chat qui fait office de gardien de mon studio pendant mes déplacements. Et c’est tout ! Ah oui ! Comme toutes personnes j’ai aussi mes rêves et mes fantasmes ! Mais ces délires de l’imagination, la boule de poils et moi… C’est amplement suffisant ! Mais non ! Il faut qu’il y ait ce genre de « machin » ces petits trucs qui nous confirment dans la catégorie des humains : le BESOIN
J’adore me sentir satisfaite, contente. Mais pourquoi être automatiquement dans un besoin que je refuse ? C’est cela que je ne comprends pas. Lorsque nous nous trouvons dans ce cercle de l’autosatisfaction où l’on pense que rien nous manque que tout est bien, le voilà, lui, parfois eux, le(s) BESOIN(S) Il faut croire que nous sommes ainsi fait. La plénitude engendrerait-elle systématiquement le besoin ? L’autosatisfaction ne serait-elle plus suffisante pour le bonheur et la réalisation de soi ? L’homme, aussi involontaire et aussi inconscient que cela puisse être, se créerait-il des besoins en permanence ?
En attendant, faisant parti à part entière de la catégorie des éternels insatisfaits, je m’interroge ce qui ne m’enlève pas ce besoin bien trop présent et oppressant de donner ce trop plein de sentiments qu’on appelle amour. Oui. A mon grand regret ma cocotte gardienne de « tu peux encore aimer, donne ce que tout ce que tu as » est en train de siffler. C’est très dérangeant et légèrement problématique pour les personnes qui sont dans mon cas. Bien seule mais besoin urgent de donner cet amour oppressant qui dort en moi… Juste envie de dire QUE CE BESOIN PARTE !!! Il ne me manquera pas ! Je suis humaine alors des besoins, je pourrais m’en créer autant que je le voudrais ! Mais qu’il me foute la paix ! Je n’ai pas besoin de CELUI-LA ! Enfin. On finit par dire un peu près tous la même chose : « C’est l’jeu ma pauvre Lucette ! »