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Me voici dans le train pour rendre visite à ma mère. Un peu plus de six heures de train devant moi et je m’interroge.
Je me trouve dans cette période, ce genre de période étrange où l’on devient plus respectif qu’à l’ordinaire de ce que l’on ressent, de ce qui nous entoure. Un peu comme ces journées où l’on ne pense pas vraiment à quelque chose de précis et que le soleil de dehors nous fait plaisir au point que l’on sourit. On se dit alors que ce sera une belle journée à tous points de vue. On se sent content, voir même parfois heureux. Oui. A ce qu’il paraît les gens arrivent encore à éprouver ce sentiment.
Je n’aime pas du tout ce genre de passage des ressentis exacerbés par je ne sais quel phénomène. Ne nous trompons pas. Je ne suis pas quelqu’un qui ne supporte pas d’être heureuse ou de voir les autres l’être. Non loin de là. En fait c’est surtout parce que chez moi, ces moments là précédent toujours une période où il vaut mieux que je n’ai de contacte avec personne. Un « post-content » j’appelle ça comme ça. Mauvaise humeur, susceptible, limite désagréable voire même carrément exécrable… un « coup de mou » au moral qui ressemblerait à une déprime. La déprime des beaux jours. Comprendre par beaux jours, les moments de joie, d’autosatisfaction.
En plus de ça, je ressens des besoins que généralement j’éprouve beaucoup moins. Peut-être parce que je les écoute pas.
25 ans, célibataire ( Sainte Catherine mère de nous !) Et je me sens bien. Je suis très bien seule avec mes habitudes de future vieille fille. Un chat qui fait office de gardien de mon studio pendant mes déplacements. Et c’est tout ! Ah oui ! Comme toutes personnes j’ai aussi mes rêves et mes fantasmes ! Mais ces délires de l’imagination, la boule de poils et moi… C’est amplement suffisant ! Mais non ! Il faut qu’il y ait ce genre de « machin » ces petits trucs qui nous confirment dans la catégorie des humains : le BESOIN
J’adore me sentir satisfaite, contente. Mais pourquoi être automatiquement dans un besoin que je refuse ? C’est cela que je ne comprends pas. Lorsque nous nous trouvons dans ce cercle de l’autosatisfaction où l’on pense que rien nous manque que tout est bien, le voilà, lui, parfois eux, le(s) BESOIN(S) Il faut croire que nous sommes ainsi fait. La plénitude engendrerait-elle systématiquement le besoin ? L’autosatisfaction ne serait-elle plus suffisante pour le bonheur et la réalisation de soi ? L’homme, aussi involontaire et aussi inconscient que cela puisse être, se créerait-il des besoins en permanence ?
En attendant, faisant parti à part entière de la catégorie des éternels insatisfaits, je m’interroge ce qui ne m’enlève pas ce besoin bien trop présent et oppressant de donner ce trop plein de sentiments qu’on appelle amour. Oui. A mon grand regret ma cocotte gardienne de « tu peux encore aimer, donne ce que tout ce que tu as » est en train de siffler. C’est très dérangeant et légèrement problématique pour les personnes qui sont dans mon cas. Bien seule mais besoin urgent de donner cet amour oppressant qui dort en moi… Juste envie de dire QUE CE BESOIN PARTE !!! Il ne me manquera pas ! Je suis humaine alors des besoins, je pourrais m’en créer autant que je le voudrais ! Mais qu’il me foute la paix ! Je n’ai pas besoin de CELUI-LA ! Enfin. On finit par dire un peu près tous la même chose : « C’est l’jeu ma pauvre Lucette ! »
Toi qui en a bavé dans ta vie, tu t'es toujours relevé. Même après la perte de ta fille. Et là, contre tout attente, tu m'écris d'une façon si noir alors que d'habitude tes écrits malgré les souffrances et épreuves connues sont pleins de vie! C'est ce qui m'a fait réagir ainsi. On ne bouscule pas les "habitudes" des autres, sans en retour, voir les siennes bousculées.
Cependant, je comprends ce que tu veux dire. Ce questionner sur la chance que l'on a. mais quelque soit cette chance, on peut se poser des questions Pourquoi ? Comment ? Le résultat reste le même : on l'a encore ou on l'a plus selon l'origine du quesitonnement. Même si se remettre en question de temps en temps, c'est nécessaire.
Au final, l'essentiel c'est que nous sommes là. Là et bien là.
Instructive ou non, je ne sais pas, mais pour moi cette correspondance avec toi me reste toujours agréable.
Lucilina
Ma Tendre maman a dû subir elle aussi une opération chirurgicale extrêment lourde en novembre. Lourde et délicate. Et devine ? Elle est toujours en vie alors bon sang ! Un peu de courage !
Je suis navrée de te "brutaliser" ainsi mais je suis si surprise et même choquée de la tonalité noire de ton commentaire...
Que tu ais peur, c'est totalement légitime et justifié. Mais "... miséable humain", "notre vie pathétique..." il y a quelques limites quand même mon très cher ami.
Tu es un homme en or, qui a la chance d'avoir beaucoup d'amour et de soutient de la part de ta moitié et des amis sur qui tu peux compter. Sans nous oublier nous, tes amis de toile. Dès nos premiers échanges, j'ai tout de suite su que tu étais un battant et un homme qui aime la vie et qui tente de la vivre pleinement. Je me suis trompée à ton sujet qui sait ? Mais honnêtement, j'ai vraiment de très gros doutes là-dessus !
Fais moi plaisir mon ami, laisse ce pessimisme de côté, et tu te rendras service par cette action. Ose dire que la vie de ta douce est pathétique ! Didier, s'il te plaît plus de commentaire aussi défaitiste. Tu n'as pas encore commencé le combat sans compter que tes partenaires sont des médecins très compétents qui savent ce qu'ils font et ce qu'ils doivent faire.
Pardonne moi s'il te plaît cette brutalité qui ne traduit qu'une profonde tristesse à te savoir dans cette pensée. Garde le cap et cette joie de vivre que tu avais quand on s'est connu et que tu as encore sans nul doute.
no more comments for now, i keep reading
:)))
Bonjour José !
Je te remercie d'avoir prit un moment pour me lire.
Et qui sairt ! Tu as peut-être raison, ma solution c'est d'écrire !
A très bientôt
Lucilina
J'ai aime lire ce texte. Tu nous renvoie nos propres questions et si tu as tes reponses,il faut bien que nous recherchions les notres.
Le besoin est celui de l'ego mais j'ai pas envie de philosopher simplement te dire que l'instant d'une lecture j'etais à cote de toi et j'ai entendu ta voix me conter
Alors je te remercie parceque ce petit instant j'avais une amie à cote de moi
Que la vie continue ...
Juan
Ce commentaire est vraiment très touchant.
Je suis vraiment ravie d'être une amie pour la personne qui me lit.
Lorsque j'écris, j'ai prit consicence que je n'écrivais plus pour moi et uniquement moi. C'était ce que je pensais, ce dont j'avais besoin avant de commencer ce blog. Et même au tout début encore. Je n'avais pas vraiment conscience qu'il y avait derrière l'écran, des personnes qui pouvaient être touchées par ce que j'écrivais. Au départ, c'était pour des personnes, des lecteurs qui selon moi avaient un peu de temps libre et, comme ça, s'arrêter sur mes écrits histoire de passer leur temps. Mais j'ai rapidement comprit que je me trompais. J'étais comme "HORS SUJET" dans ma pensée.
Rapidement, il y a eu les premiers commentaires qui m'ont surpris. Ne serait-ce que par le fait qu'on m'écrivait en réaction à quelques mots posés. Puis ensuite, j'ai compris que j'étais lié à mes lecteurs qui a ce moment précis, on cessé d'être de simples lecteurs ; mais des personnes a part entière avec qui, le temps d'un écrit, j'avais un lien aussi éphémère qu'il soit. Une complicité même.
L'écriture, n'est pas forcément comme disais LE CLESIO lors de son discours de récéption de son prix nobel, une incapacité d'agir. Par vraiment selon moi puisque justement, on créait des liens, de la complicité, des relations tout bonnement humaine. En soit, pour moi, c'est une forme d'action, une des plus belle.
Cordialement, Juan, Une amie