Vendredi 12 décembre 2008
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« THE ANSWER TO OUR
LIFE »
Pendant longtemps je t’ai ignoré et fais comme si tu n’existais pas. Pendant longtemps
j’ai cherché à fuir ce que j’étais et avec qui j’étais en ce temps là, à faire comme si rien n’avait été, comme si rien n’avait existé.
Et pourtant, tu as fait partie intégralement de ma vie et, finalement, tu
continues.
Le temps s’est écoulé depuis. Bien des années se sont passées et tu restes
fondamentalement le même, celui que j’ai toujours connu et aimé. Aimé d’un amour profond, passionnel, charnel et conflictuel de part mes incohérences. Nous n’avons jamais vraiment pu nous séparer
malgré nos chemins de vie très différents : des déménagements incessants pour moi, un autre continent pour toi, décalage horaire, décalage de société, de façon de vivre… de
vie.
Tu as toujours su quand j’allais bien ou quand j’étais perdue ou malheureuse. D’une
nature et d’un caractère diamétralement opposés, nous nous sommes pourtant, jamais aussi bien trouvés.
Un paradoxe pour deux en une union sentimentale inattendue, à la limite de
l’irréel.
Naturellement rebelle de caractère, j’étais ta « sauvageonne ». Tu as toujours
pu te mettre en retrait, te faire discret, me laisser vivre ma vie, mes joies, mes peines, mes erreurs en n’intervenant jamais sans ma demande. Laquelle n’était pas toujours exprimée d’ailleurs,
mais tu savais qu’elle existait à chacune de tes interventions.
Il faut parfois beaucoup de temps avant de s’apercevoir de la véritable valeur des
personnes qui nous sont les plus chères. Sept longues années à moi il m’a fallut pour comprendre. Sept années de silence de ta part par ton absence totale dans ma vie.
Je repense à toi, à tous ces moments ensemble, à ce passé trop longtemps mit de côté,
comme ignoré. Et voilà, une larme telle une barque voguant tranquillement sur un fleuve bien docile longe le vallon de ma joue. Juste une seule, car un flot serait inutile est beaucoup plus
futile et désagréable que l’unique. Je me sens dépourvue cependant de toutes émotions. Un peu comme un vase vide, délaissé au coin d’un petit meuble.
A trop pensé à mon monde sans toi, à trop regarder mon nombril et à vivre une vie dans
laquelle je ne me suis jamais vraiment reconnue, comme authentique, j’en avais oublié l’essentiel : celui de la pureté de la simplicité vraie, de l’authenticité de la sincérité. Belle hypocrite que j’étais durant tout ce temps !
Là, mon intérieur vide est remarqué et ressenti : je ne pense pas à moi mais à toi
et à tout ce gâchis que j’ai provoqué en entraînant douleurs et mort chez celui qui me faisait existait vraiment.
Aucune honte contrairement à ce qu’ils pensent. Non. Cela ne servirait pas à grand chose
et sûrement pas à réparer mes erreurs, ni à combler ce vide en te ramenant auprès de moi.
Je me trouve désormais dans une ironie parfaite : face au même objet que j’ai
utilisé il y a sept ans, je me regarde ; je ne suis pas enceinte. Non. Je ne le serai jamais du reste. C’est pourtant notre maison à tous les deux. Ca l’aurait été du
moins…
J’ai cessé de prendre ces médicaments qu’on m’obligeait à avaler pour ralentir les
battements de ce cœur essoufflé. Les souffrances physiques de mon cœur ne sont rien comparées à une vie sans toi. Une vie, justement, qui n’a plus aucune raison d’existence.
J’ai pêché, je fus condamnée, on m’a incarcérée, je me suis punie en restant en vie dans
ma cellule. Ma punition est terminée. Je peux maintenant, te rejoindre.
La rédemption de mon pêché ne peut être possible. Puis-je être
pardonnée de ce que j’ai fait, alors même que la société estime que je suis quitte envers elle ? Belle et stupide utopie. Ce n’est pas envers toi société que j’ai fauté, ce n’est donc pas à
toi, de me pardonner !
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